lundi 11 mars 2019

Un bâton pour la vie.

J'ai toujours aimé me promener un bâton à la main, sans pouvoir expliquer pourquoi.
Un jour de balade, dans un bois, la branche d'un boulot déraciné par le vent, a attirée mon attention. Elle était tordue, comme vivante sur un arbre agonisant. J'ai bravé les orties, sorti mon canif et je me suis approprié cette branche en conservant la fourche à son extrémité.
En rentrant chez moi, j'ai entrepris avec les moyens du bord de travailler cette branche pour lui donner une âme. Ce bâton est devenu mon bâton: Le premier Woodstick.


Au fil du temps et de nos sorties, j'ai amélioré son lissage, son aspect, j'y ai fixé quelques "Gri-gri", j'ai patiné son bois, je l'ai nourri à l'huile de lin, je m'y suis attaché jusqu'à ne plus pouvoir imaginer sortir en nature sans lui. Il a connu la mer, la garrigue, la montagne, la plaine, la forêt...

Je l'aime mon bâton, tant il traîne avec lui les souvenirs de ces moments heureux de liberté.

Puis, il est devenu communicatif.

C'est vrai qu'il attire l'attention.
Je m'amuse du regard des enfants qui soudain deviennent silencieux et regardant passer notre binôme en se demandant sans doute à quelle guilde de magicien j'ai fais allégeance. J'accueil les regards  d'autres marcheurs dont la curiosité a été piquée, et qui, sous leurs traits d'adultes, laisse filtrer à leur tour un regard d'enfant.

Un regard, mais aussi un échange. Car certains, moins contraint par la timidité, s'ouvrent au dialogue. Et mon Woodstick devient le vecteur d'une rencontre. Comment expliquer le POUVOIR qu'une simple branche puisse exercer ainsi sur certains individus.

Mon Woodstick, me connecte à certaines personnes, curieusement et par affinités.
La vie est faite de rencontres dit-on, mon woodstick en devient un catalyseur.

Qu'il s'agisse d'un simple échange de sourires, d'un bref échange aimable et courtois, ou du début d'une vraie conversation, ce qui se passe, n'est devenu probable que grâce à ce bâton.

Alors j'en ai fais d'autres.

 

Noisetier, Charme, Érable, droits, biscornus, vrillés, assemblés, recomposés, j'explore d'autres formes d'autres styles. J'affine ma main et mon imagination pour trouver d'autres caractères à insuffler à mes bâtons.

Est-ce que j'en vend ? Non.
Vous devriez.
Combien ça peut coûter ? je n'en sais rien.
Du temps, ça coûte du temps. J'aimerez vous le vendre, mais j'y suis trop attaché maintenant.

...

Et là, j'ouvre une page Facebook.
Une page qui deviendra commerciale en septembre 2019, une page où je proposerai à la vente d'autres Woodstick's.

Donc tu vas en vendre finalement ?
Oui, bientôt.
J'ai encore besoin d'un peu de temps pour me préparer un petit stock, affiner ma technique, et définir une politique tarifaire.

Et un cadre pour les commandes spécifiques.

Mais attention: on n'achètera pas un Woodstick. On l'adoptera.

Mes bâtons seront réalisés à la pièce, ils seront unique.
Et je ne veux pas en produire en grande quantité. Je veux rester petit, sans objectif de croissance, sans dénaturé mon plaisir, sans prétendre à plus, que le coût du temps de gestes artisanaux et du fait main. 
Car je veux prendre autant de plaisir à les créer que d'en donner à celui qui veut en posséder un. 
Il auront donc un prix. Un prix certain. Le prix du temps, de la valeur des choses uniques, d'un objet que temps ne dévalorisera pas, d'une relation aux autres, d'un lien singulier entre un objet et soi.

Et surtout, continuer à avoir du temps pour moi, pour mes balades, pour mes rencontres.



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